Ménille Avénale

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L'erreur israélienne

le jeudi 29 juin 2006

Là, je suis mal. Mal à l'intérieur. Mal à l'aise, triste, fâchée. Perplexe. Inquiète. Vraiment mal.

Israël a évacué le bande de Gaza en août dernier ; depuis des semaines, malgré l'absence de soldats et de civils israéliens dans le coin, des roquettes sont envoyées quotidiennement de Gaza en direction des territoires israéliens les plus proches. Roquettes auxquels Israël répond en envoyant à son tour des missiles. Il y a de la peur et de la lassitude dans les deux camps, mais les morts sont du côté palestinien. Première erreur. Le terrorisme palestinien n'a pas cessé même si les chiffres des attentats sont en baisse nette. L'enlèvement d'un caporal israélien de 19 ans - je rappelle qu'à cet âge-là, en Israël, on fait son service militaire, on n'est donc pas engagé volontaire, et surtout on n'est pas engagé à vie - n'est pas précisément la cause du raid israélien de ces jours-ci ; c'est le déclencheur et le catalyseur, peut-être, mais le raid vise en fait à faire cesser les tirs de roquettes.

Le raid en soi-même est une erreur. On n'envoie pas des tanks sur des villes entières, quelles que soient les destructions occasionnées, sous prétexte de retrouver un seul soldat, même si l'on craint que ce soldat ne soit assassiné comme l'ont déjà été ses deux camarades et le jeune homme de 18 ans retrouvé mort ce matin. L'armée était massée depuis plusieurs heures au seuil de Gaza quand le Hamas, prenant tout le monde de court, a signé l'accord interpalestinien rédigé par des chefs terroristes emprisonnés en Israël et comportant implicitement - oui, implicitement, on parle quand même du Hamas, pas de la Croix-Rouge - la reconnaissance, non pas à proprement parler de l'Etat d'Israël comme on le dit souvent, mais d'un Etat à côté de la Palestine selon les frontières de 1967.

Cet accord est un progrès énorme de la part du Hamas, et finalement, peu importe qu'il ait fallu une menace militaire intense pour y parvenir. Maintenant, il est là.

Et Israël, sans presque en tenir compte, lance sur Gaza ses tanks et arrête huit ministres palestiniens, vingt députés et une quarantaine de responsables divers issus du Hamas et des élections législatives de janvier dernier.

Je ne vais pas commencer à clamer les grand mots de droit international, respect de la démocratie etc. Israël est une démocratie et le droit international vaut essentiellement dans des situations "normales" ; mais le Proche-Orient est en guerre et si arrêter des ministres est illégal, alors enlever un soldat l'est aussi, alors tirer des missiles l'est aussi, alors tirer des roquettes l'est aussi, etc, etc. Je ne suis pas sûre qu'il soit très utile de se jeter ses torts à la tête comme des enfants dans la cour de récréation. Ca fait soixante ans que ça dure, et ce conflit a encore de très beaux jours devant lui. Quant aux hommes, eux...

Bref. Quelles que soient les raisons que l'on peut avancer pour justifier cette opération - je les connais et je sais qu'elles se défendent, qu'elles reposent même sur des principes avec lesquels je suis entièrement d'accord -, elle est, en elle-même, une régression. L'annulation de toutes les avancées récentes, de la victoire de Kadima, des espoirs de normalisation du Hamas et des espoirs de paix tout court.

Et merde.

Cute overboard

le lundi 26 juin 2006

Le site en question est mignon et tout, certes, mais n'essayez pas de me faire croire que l'intérêt principal de ce genre de photos, ce sont les chats. (Je vous les ai classées par ordre d'intérêt croissant.)

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Triang mukhaekapada paschimatânâsana

le dimanche 25 juin 2006

Ma nouvelle lubie, depuis quelques semaines, depuis que j'ai pris conscience que cela fait des années que je n'ai pas de pratique sportive régulière (le sport en chambre ne compte pas, ça ne regarde personne, ça) et que cela n'est sûrement pas très recommandé, c'est le yoga.

Je me dis : après tout, les sports qui m'ont toujours le mieux convenu étaient les activités douces (la danse, la gym) et surtout individuelles ; je suis incapable de tenir compte d'une équipe, d'avoir une vue d'ensemble sur un terrain, de savoir à qui faire des passes ou quel adversaire surveiller, et surtout, j'ai horreur de la moindre notion de compétition sportive. Je vous laisse imaginer la catastrophe quand je prends part (malgré moi, en général) à un match de basket ou de volley.

Mais le yoga... m'acheter un petit pantalon noir, un petit t-shirt pastel, un petit tapis personnel, et me laisser guider par la voix douce d'un professeur qui me dirait quand et comment respirer, quand fermer les yeux et quand les ouvrir... Et ce corps paresseux qui bougerait, lentement, sûrement, se musclant en profondeur et se détendant peu à peu.

Histoire d'en savoir un peu plus avant de payer la peau des fesses l'inscription dans une fédération quelconque, j'ai acheté hier deux petits bouquins sur la question. Une introduction rapide, quelques conseils, et hop, on s'y jette, des exercices détaillés accompagnés de photos pour s'initier à la maison.

Je n'ai pas cherché à agrandir mes chakras ou à entrer dans une méditation harmonieuse qui me réunirait enfin au grand tout cosmique par le biais du retrait total de mes sens. Soyons francs : je souhaite essentiellement me galber la cuisse et me raffermir le fessier (et les pectoraux). J'ai testé quelques postures, par curiosité, et honnêtement, ça fait beaucoup de bien parce que j'ai pris conscience de la présence dans mon corps d'un tas de muscles dont j'ignorais l'existence. A qui on dit merci ?

Et quand j'arriverai à faire cela, je promets que je mettrai mes propres photos en ligne :

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Photos : Sanatan Society

I like to move it move it

le lundi 19 juin 2006

Ca va recommencer.

Emballer, ranger, répartir pour ne pas trop charger... Un carton d'un côté, un sac poubelle de l'autre, et vas-y que je trie, je trie, je trie, je boucle, et pof, un nouveau morceau de ma vie scotché dans quelques décimètres carrés, prêt à être emporté ailleurs.

Je suis incroyablement impatiente. Dans trois semaines, je n'habiterai plus au-dessus d'un fou antisémite, dans un appartement que je n'arrive plus à entretenir parce que j'y passe de moins en moins de temps et qu'il est loin de tout. J'ai aimé cet endroit, mais les circonstances n'étaient guère favorables, il faut bien l'avouer.

Et puis il y a autre chose. Ma prochaine maison ne sera pas qu'à moi : elle sera aussi à lui, au grand garçon qui envisage avec un calme enthousiasme de passer le reste de ses jours avec moi parce que je suis "celle qui" - et ça, ça change tout, ça donne à n'importe quel déménagement l'aspect d'un aller simple vers le bonheur.

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Photo : Allociné - Anything else, de Woody Allen

Je vais probablement avoir l'air idiote, mais deux questions essentielles me trottent en tête en ce moment :

1) est-ce que quelqu'un sait où je peux trouver des cartons ? Actuellement, j'en possède trois. Si vous croyez que tout mon bordel va tenir là-dedans...

2) une bonne fois pour toutes (et ça n'a rien à voir avec mon déménagement) : QUELLE EST LA MEILLEURE BROSSE A CHEVEUX ? Picots en bois, picots en plastique, picots en métal, poils de sanglier, ou un petit cocktail de plusieurs de ces ingrédients ? Ca peut paraître incongru, mais je récolte des informations contradictoires à ce sujet et je ne sais plus quoi penser. A vot' bon coeur, m'sieurs-dames.

Après coup

le vendredi 16 juin 2006

C'était, comme prévu, un grand moment. Un moment de stress et de concentration intenses, au point que le monsieur rond et barbu, là, à ma droite, m'a dit quand j'ai commencé à répondre à sa première question : "Respirez, respirez. Vous pouvez parler plus lentement, ce sera bien quand même." Un moment d'émotion profonde, aussi. Quand j'ai entendu le résultat, auquel je m'attendais, certes, mais le long discours qu'ils m'ont tenu sur mes toutes nouvelles responsabilités avait, un instant, laissé planer le doute, les larmes ont monté comme elles font d'habitude : d'abord une cassure dans le ventre, une cassure douce et discrète mais une vraie cassure quand même, et les flots qui jaillissent, tout de suite au bord des paupières comme s'ils voulaient s'écouler en longues rivières. J'ai réussi à les retenir jusqu'à ce que je sois dehors, et je me suis écroulée sur l'épaule de ma soeur, pleurant toutes les larmes de mon corps comme si je venais d'apprendre une nouvelle horrible alors que je n'étais envahie que de joie, de soulagement et d'émerveillement.

Et comme je ne peux en dire plus, ni m'étendre sur ce que fut exactement cette épreuve un peu particulière, quelques bonus pour le week-end.

D'abord, un mot-clé :
"débardeur nue rivière".
J'ai une bonne nouvelle pour la personne qui est arrivée ici après cette recherche pour le moins orientée : il suffit de cliquer ici pour lire celui de mes posts qui répond le mieux à ta requête.

Ensuite, des photos. Je vous conseille violemment la page du jeune homme qui les fait ; je suis moins fan de ses mises en scènes macabres ou suicidaires, avec pistolet pointé sur sa propre tempe ou tête masquée par une cagoule noire à la manière d'un otage, mais son regard sur la nature et certains objets absolument banals est pur, surprenant, apaisant et enrichissant. Je trouve.

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Que calor

le mardi 13 juin 2006

Bien qu'à peu près totalement liquéfiée depuis trois jours (je pense que je bois environ vingt litres d'eau par heure, ce qui devrait rendre certaines personnes assez heureuses si du moins vous vous souvenez de ça), j'ai trouvé aujourd'hui l'énergie de régler tout un tas de trucs qui auraient pu (et peut-être ) me prendre des jours et des jours.

C'est assez rare pour être signalé. D'habitude, une activité banale et brève traîne des semaines et me fiche finalement toute une journée en l'air (vu que quand je m'y mets, j'ai l'impression de faire un tel sacrifice et j'éprouve un tel soulagement que je me dis que je mérite bien un peu de repos). Aujourd'hui, c'est l'inverse : et hop, un dernier rendez-vous avec quelqu'un qui me dit que je suis prête pour jeudi, qu'il ne peut pas me préparer plus qu'il ne l'a fait et qu'il ne se fait aucun souci pour moi ; et hop, deux visites consécutives de mon futur ex-appartement ; et hop, trois copies qui traînaient au secrétariat et qui auraient encore traîné longtemps si je n'y étais pas allée de moi-même. Et tout le reste.

Je suis même, je peux le dire, assez fière de moi.

Pas d'idée ?... Allez, mots-clés

le vendredi 9 juin 2006

Le mot-clé, le plus fidèle ami du blogueur dépourvu d'inspiration.

1. Catégorie les internautes sont obsédés

"images thandie newton nue"
     Un grand classique de l'obsédé : choisir une célébrité féminine bien foutue, imaginer que comme tout le monde, elle a commencé sa carrière en posant nue, et espérer que l'on trouvera sur le Net des traces de cette époque bénie.

"epilation photo"
     Là, on n'a plus vraiment affaire à un obsédé traditionnel, mais plutôt à un pervers déviant : un pilophile (fétichiste attaché aux poils), je pense.

2. Catégorie les internautes sont angoissés

"je veux un bébé comment le dire?"
     Mais comme ça, ma p'tite dame ! "Je veux un bébé", tout simplement. (Prévoir compresses humides, alcool fort et boules Quiès pour les heures qui suivent, certains hommes peuvent réagir de façon assez surprenante.)

3. Catégorie les internautes sont frustrés

"le salaire de m pokora"
     Oh, ben tu sais quoi ?... Je préfère ne pas le savoir, va. Ne me dis rien, c'est mieux comme ça, ça me ferait vomir.

"pascal obispo juif"
     Là, non, je suis désolée, je ne crois pas qu'Obispo soit juif. Tu dois confondre avec Patrick Bruel et David et Jonathan. Si tu veux vraiment trouver des noms de chanteurs juifs (bien que j'aie un peu de mal à comprendre l'intérêt de cette recherche), ce n'est pas bien difficile, mais là, tu fais fausse route.

4. Catégorie les internautes sont désaxés

"canalblog pecher poissons OR crevette OR..."
"pascal obispo rosa raciste ridicule"

     Si quelqu'un peut m'expliquer ces deux-là... J'ai essayé de les comprendre, je le jure, mais je n'y suis pas encore parvenue.

Nouvelles

le jeudi 8 juin 2006

Je veux devenir écrivain. Je le sais depuis que je suis en âge de comprendre ce que c'est qu'un métier, ce que c'est qu'un écrivain et comment on tient un crayon. Je le sais depuis que je suis en âge de comprendre pourquoi on raconte des histoires aux enfants et comment on fait pour en ficeler de nouvelles. Je le sais depuis que je récolte soigneusement tous les jolis cahiers et carnets que je peux trouver, que je les empile dans mes tiroirs et que je les remplis de projets successifs, aux différents âges de ma vie : contes, poèmes, paroles de chansons, d'innombrables débuts de romans et une quantité tout à fait satisfaisante de nouvelles.

De temps à autre, je prends une sorte de bonne résolution du genre Allez, cette fois je m'y mets, avant la fin de cette année je boucle un manuscrit et je commence à le proposer. Ce n'est pas tout, je vais avoir 26 ans dans un mois et si j'attends d'avoir fini ce que j'ai à faire en urgence avant de me lancer, ça n'arrivera jamais.

A l'heure actuelle, j'ai neuf nouvelles terminées et une sur le feu, plus un roman en route et une foultitude d'idées consignées méthodiquement dans mon carnet du moment et qui verront peut-être le jour, ou peut-être pas. Quand je dis "terminées", je ne veux pas dire que mes nouvelles peuvent être montrées telles quelles mais que j'ai fini d'en dérouler l'intrigue. Il faut ensuite, bien entendu, les reprendre sans cesse, les peaufiner, les revoir, changer ici un mot, là la place d'une virgule, effacer une phrase au début et ajouter un paragraphe à la fin, mais dans l'ensemble, elles sont terminées.

Mais si je me livre à un rapide état des lieux (excusez l'expression, souvenez-vous que je m'apprête à déménager), je constate que sur les neuf + une = dix nouvelles susceptibles de figurer dans un recueil d'ici quelques mois*, il y a :
un suicide
trois homicides volontaires
un canicide (= meurtre d'un chien) volontaire
un homicide involontaire (qui risque de rejoindre le nombre des homicides volontaires, je n'ai pas encore décidé)
un accident de voiture mortel
cinq chagrins d'amour
un départ définitif
quatre séparations douloureuses
un couple voué à s'auto-détruire.

Je me demande si ça ne fait pas un tout petit peu beaucoup.

Finalement, mon idée de commencer par la littérature à l'eau de rose pour adolescents n'est peut-être pas complètement à jeter.

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Photo : Heart-Breakers

* NB. Souvenir d'une phrase de Maïa Mazaurette, dans Nos amis les hommes, je crois, à moins que ce ne soit dans son défunt blog :

"Aujourd'hui, plus personne ne publie le recueil de nouvelles d'un parfait inconnu."

Bon. Dont acte.

Même pas morte

le mercredi 7 juin 2006

Ah, voilà une nouvelle qu'elle est bonne, chers lecteurs. Non, je ne suis pas morte, je suis toujours là mais il est vrai que ces temps-ci, les journées étant ce qu'elles sont (24 heures, pas une de plus), j'ai du mal à faire tout ce que je dois faire.

Notre déménagement est prévu début juillet et je peux à peine dire combien cela me rend heureuse. Bien sûr, il y a tous les aspects pratiques un peu soûlants - prévoir la date de l'état des lieux, louer une camionnette, commencer les cartons, nettoyer l'appart, berk berk - mais ça ne durera que quelques jours, et ensuite, à nous la belle vie.