Ménille Avénale

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Le bon remède

le jeudi 22 mai 2008

Ce post n'est qu'une parenthèse brièvissime sans rapport avec les précédents, mais :

La saison 2007 de la Nouvelle Star avait été marquée entre autres par un moment de grâce : la reprise acoustique de "Moi, Lolita", d'Alizée, par Julien Doré. L'espace de quelques minutes, brusquement, on était ailleurs. Pas dans un jeu télé, pas dans une grosse entreprise commerciale vendue au Grand Capital et visant seulement à pressurer les pauvres téléspectateurs d'M6 à coups de SMS à 35 centimes d'euros hors coût du SMS - ailleurs. Quelque part dans le vaste univers artistique du talent, du génie et de la beauté vraie. Et même la chanson paraissait transfigurée.

La saison 2008 a aussi connu un moment pareil. C'était hier soir, et c'était le duo d'Amandine et Ycare sur "Je suis malade", de Serge Lama. C'était un pur instant de perfection, émouvant aux larmes. J'ai eu l'impression de les voir nus tous les deux, et Lama nu également au milieu d'eux, encore plus beau - et pourtant, à la différence de "Moi, Lolita", la chanson de départ est cette fois déjà magnifique. De la part d'Amandine, pas de surprise, mais j'espère que les détracteurs d'Ycare sont désormais convaincus que oui, ce garçon est très grand.

Voilà, vous pouvez fermer la fenêtre.

Le Nouveau Coq et les Trois* Poules, 2/3

le mercredi 14 mai 2008

* Quatre ? Cinq ? Dix ?...

Suite évidente et quelque peu cynique du précédent. J'avais prévenu que le rythme de publication serait moyennement soutenu, hein... Et je suis
unplugged en ce moment, si vous saviez. Mais c'est pour la bonne cause ; j'ai du boulot par-dessus la tête. Enfin bref.

Episode 2 : Heurs et Malheurs de la Basse-Cour, Arrivée Providentielle du Nouveau Coq

Le départ du Coq laissa la basse-cour et tous ses animaux dans un état déplorable. La révolte avait été si brusque et violente que des conflits avaient éclaté entre eux, certains défendant l'honneur du Coq et d'autres l'accablant de reproches. Plusieurs animaux suivirent leur mentor tandis que d'autres s'employèrent à le traîner dans la boue en niant même qu'il eût jamais accompli la moindre bonne action pour la basse-cour, ce qui était naturellement très excessif. La Poulette continua de nier avoir eu une relation avec lui alors même que des preuves de leur liaison venaient d'être découvertes. Elle ne fut pas la seule à lutter contre l'évidence ; les Poules qui étaient restées si longtemps sous l'emprise du Coq persistèrent elles aussi à croire que tout cela n'était qu'une vaste machination et qu'il n'avait jamais menti à personne ni agi en cachette. Elles montrèrent de moins en moins d'enthousiasme à fréquenter la basse-cour et menacèrent de la quitter comme tant d'autres avant elles, mais elles n'en eurent jamais le courage et se contentèrent d'entretenir le culte du Coq à force d'éloges et de regrets.

Cependant, en l'absence de chef, les animaux risquaient de s'éloigner peu à peu les uns des autres ou d'aller chercher ailleurs l'élément dominant qui leur manquait, désertant ainsi cette basse-cour qui avait été si vivante et animée pendant tant de temps. Un soir, le conseil des animaux les plus âgés se réunit sur un tas de paille. Il y avait là un Cochon qui était le doyen de la basse-cour, sa Truie, connue par tous pour son caractère chaleureux et amical, deux Canards respectés pour leur sagesse et un vieil Ane un peu gâteux que les autres avaient convié par politesse. Le Cochon exposa le problème en ces termes :
"Chers amis, vous n'êtes pas sans savoir que le départ du Coq a laissé un goût amer à certains de nos compagnons. Nous sommes trop âgés et fatigués pour prendre la relève, mais il faut un chef à cette basse-cour, sans quoi elle se désagrégera lentement et finira par disparaître. Est-ce là ce que nous voulons ?
- Non ! répondirent les autres.
- Mais alors, que faire ? demanda la Truie. Que proposes-tu ? Y a-t-il une solution ?
- Je crois, reprit le Cochon, que nous devrions trouver un nouveau Coq. Un Coq tout neuf, jeune et plein d'entrain, qui remporterait les suffrages comme l'a fait notre ancien Coq à ses débuts.
- C'est évident, dit l'un des Canards. Il nous faut un nouveau Coq. Mais où le trouver ? L'un d'entre nous connaîtrait-il le candidat idéal dans une basse-cour des environs ?"
Les vieux animaux se turent. Chacun réfléchissait à la question posée, mais aucune idée ne leur venait. Ils passaient mentalement en revue tous les jeunes Coqs des alentours sans en trouver un qui fût assez à leur goût. Soudain, le vieil Ane, qui avait passé la première partie de la réunion à mâchouiller des brins de foin, intervint de sa voix chevrotante : "Je connais le Coq qu'il nous faut". Les autres animaux lui jetèrent des regards suspicieux mais il continua sans se démonter : "Je le connais même très bien. Comme vous le savez, dans ma jeunesse, j'ai fréquenté une autre basse-cour dans laquelle j'ai fait la connaissance d'un Très Grand Coq qui est resté mon ami le plus cher. Ce Très Grand Coq a un fils charmant et très doué qui pourrait devenir notre Nouveau Coq si vous le souhaitez".
Le conseil des vieux animaux n'avait guère le choix. Il fut donc décidé que l'on enverrait un message au Nouveau Coq en lui demandant de rejoindre la basse-cour au plus vite et d'en devenir le chef.

Le lendemain matin, les autres animaux furent mis au courant de la solution qui avait été choisie et ils commencèrent aussitôt à se disputer à son propos, comme ils le faisaient presque quotidiennement depuis des mois. Certains approuvaient le choix des animaux les plus âgés et vantaient les mérites du Nouveau Coq alors même qu'ils ne le connaissaient pas encore. D'autres le conspuaient déjà en prétendant que jamais il ne serait à la hauteur de l'ancien Coq ; les Poules faisaient bien entendu partie de ce deuxième groupe et s'apprêtaient à accueillir le Nouveau Coq avec un mépris proportionnel au chagrin qu'elles avaient éprouvé au départ de leur idole. D'autres enfin, se désintéressant complètement de l'avenir de la basse-cour, gardèrent leurs commentaires pour eux et quittèrent les lieux peu de temps après.

Le Nouveau Coq répondit favorablement à l'appel désespéré du conseil et, par retour du courrier, il annonça la date de sa prise de fonction.

Le jour venu, tous les yeux étaient tournés vers l'entrée de la basse-cour, auprès de laquelle étaient postés les membres du conseil des vieux animaux, attendant leur nouvelle recrue pour lui souhaiter la bienvenue parmi eux. Les autres animaux étaient un peu en retrait et la tension était palpable. Les groupies de l'ancien Coq virent d'un très mauvais oeil le fait que la Poulette, au nom des fonctions qu'elle avait exercées autrefois, soit à la place d'honneur de la petite procession d'accueil qui devait recevoir le Nouveau juste après le conseil des anciens. Leur jalousie était si forte qu'elles avaient décidé de quitter la basse-cour ensemble dès que la petite cérémonie d'intronisation serait terminée.

Enfin, le Nouveau Coq se montra, et son arrivée suscita une stupeur générale.

A suivre, une fois encore.

Le Nouveau Coq et les Trois* Poules, 1/3

le dimanche 4 mai 2008

* Quatre ? Cinq ? Dix ?...

Comme annoncé précédemment, voici un petit quelque chose d'amusant en plusieurs parties qui tend à démontrer, si vous voulez vraiment un pitch, que les filles sont des greluches, et les garçons, des machos. (Je plaisante. Ce sont en fait les poules qui sont des greluches, et les coqs qui sont des machos. Evidemment.) Et ce quelque chose m'a été inspiré par des faits rigoureusement exacts, par moi observés, auxquels je ne modifie presque rien.

Episode 1 : Une Basse-Cour, son Coq et quelques Poules Crédules

Il était une fois une vaste basse-cour dans laquelle les animaux vivaient en toute liberté et dans une entente parfaite. Ils y menaient leur vie à leur manière et se rassemblaient de temps à autre pour partager des moments conviviaux. Le grand roi de ces animaux, le centre de leur attention, leur conseiller et leur modèle était un Coq aussi avenant et chaleureux que mystérieux. Il accueillait les nouveaux animaux avec un mot gentil, saluait les habitués de la basse-cour avec prévenance, souriait, riait, plaisantait, mais personne ne savait rien de sa vie privée. Des rumeurs couraient de temps à autre sur sa supposée relation avec l'une ou l'autre Poule mais aucune n'était jamais confirmée.

Il faut dire que le Coq maintenait soigneusement le secret qui régnait sur cette partie de son activité. Brillant comme il était, il avait tout intérêt, pour entretenir la fascination que lui vouaient les animaux, à taire toute information touchant à sa vie sentimentale. Si l'ensemble de la basse-cour - et surtout les Poules - continuait à penser qu'il était célibataire et qu'un coup de foudre restait toujours possible, son ascendant n'en serait que renforcé. Notre Coq, qui était tout sauf un idiot, avait compris cela depuis belle lurette et s'employait activement à paraître perpétuellement disponible, ouvert, voire séducteur quand il s'adressait aux Poules, ce qui lui permettait de les maintenir d'autant plus sûrement sous sa coupe.

Un petit groupe de Poules, notamment, lui était tout particulièrement dévoué. Il s'agissait de Poules célibataires dont certaines avaient connu des aventures désastreuses avec d'autres Coqs, dans d'autres basses-cours, et voyaient donc en lui un modèle de Coq attentionné, dévoué, intelligent, charismatique et droit, à l'opposé de tous ceux qu'elles avaient fréquentés jusqu'alors. Si le Coq manquait de beauté physique à strictement parler - certaines mauvaises langues disaient même que son plumage était particulièrement laid, ce qui est excessif -, son intelligence et sa personnalité palliaient sans peine ce léger manque et entretenaient aisément la fascination qu'il exerçait sur ces quelques Poules. Elles saisissaient toutes les occasions de chanter ses louanges, de vanter ses charmes et certaines d'entre elles nourrirent sans doute de sincères sentiments d'amour à son égard - du moins est-on en droit de le supposer, même si elles restaient discrètes sur ce point et ne se livraient pas à des confidences trop intimes auprès des autres animaux.

Alors que tout allait bien dans cette basse-cour depuis des années, la situation commença un jour à se dégrader avec l'arrivée d'une Poule sur laquelle le Coq jeta tout particulièrement son dévolu alors même qu'elle ne lui prêtait pas une grande attention. Elle fut nommée son Assistante en Chef et passa donc beaucoup de temps avec lui, pour des raisons strictement professionnelles. Très vite, elle jugea que non seulement il se montrait trop insistant dans ses tentatives de séduction, mais qu'il avait également mauvais caractère. Il se gardait bien pour sa part de laisser voir à d'autres l'intérêt qu'il lui portait, de manière à paraître toujours aussi disponible aux Poules célibataires. L'Assistante décida de se taire et de ne point ruiner sa réputation en révélant qu'il essayait de la séduire avec acharnement mais, pour son malheur, elle tomba un jour amoureuse d'un jeune Canard extrêmement séduisant qui répondit à son amour et la demanda vite en mariage. Jaloux de leur bonheur et surtout de la perte de cette Poule tant convoitée, le Coq devint hargneux envers elle et lui rendit bientôt insupportables les journées de travail qu'ils passaient ensemble, au point qu'elle voulut démissionner au plus vite. Pendant ce temps, sans doute pour lui prouver qu'il pouvait se passer d'elle, le Coq séduisit une très jeune Poulette, s'afficha avec elle aux yeux de l'Assistante - mais d'elle seulement - et lui confia un nombre grandissant de tâches comme pour mieux rendre vaine la présence de cette dernière, qui vécut ainsi un véritable enfer pendant les derniers jours de son contrat.

Après sa démission, l'Assistante et son Canard, auquel elle se confiait beaucoup et qui était donc au courant de la liaison entre le Coq et la Poulette, pensèrent d'abord que ces derniers révéleraient officiellement qu'ils avaient une relation et s'afficheraient en public sans plus attendre. Or, cela ne se produisit pas, bien au contraire. Le Coq continua de garder le silence sur la nature de ses liens avec la Poulette - qui, par amour et fascination pour lui, honorée d'avoir été choisie entre toutes, accepta d'en faire autant - et de charmer plus ou moins ouvertement les Poules qui étaient toujours à ses pieds. Révoltée par cette situation, l'Assistante raconta ce qu'elle savait à plusieurs animaux de la basse-cour et le bruit commença à courir que le Coq n'était pas célibataire. Quand il parvint aux oreilles des Poules, elles firent semblant de ne pas l'entendre et accusèrent même l'Assistante d'avoir menti.

Celle-ci en fut très blessée et crut que le Coq et la Poulette laveraient son honneur en confirmant la rumeur qu'elle avait contribué à répandre. Mais, une fois encore, il n'en fut rien. La Poulette et le Coq démentirent tous deux avoir une liaison - le Coq avait expliqué à sa jeune maîtresse que c'était indispensable pour sa réputation et elle l'avait naturellement accepté. L'Assistante et le Canard durent quitter la basse-cour, sous les huées des Poules persuadées que leur Coq adoré disait la vérité et qu'un jour, il finirait par s'éprendre de l'une d'elles. D'autres animaux, plus méfiants, commencèrent à poser un regard suspicieux sur le Coq et à remettre en question son rôle dominant au sein de la basse-cour. Lui se braqua, se drapa dans sa dignité et son autorité au lieu de chercher à se défendre honnêtement et se fit de plus en plus d'ennemis, notamment parmi ceux qui trouvaient qu'il avait un ascendant excessif sur les Poules.

Quelques semaines passèrent encore et, tout en continuant à voir sa Poulette en cachette, le Coq fit croire à plusieurs Poules qu'il tombait ou pourrait tomber amoureux d'elles, ce qui lui assura leur soutien définitif au milieu des troubles de la basse-cour. Cependant, cela ne suffit point à lui conserver son autorité sur les autres animaux ; la fronde se fit de plus en plus violente, le Coq abandonna sa Poulette à la hargne des autres animaux et finit par partir pour toujours sans avoir reconnu ses torts et en convainquant les Poules sur lesquelles il avait tant d'influence qu'il était une victime, un martyr innocent sacrifié à l'orgueil d'une poignée de révoltés.

A suivre.

Hush, little baby, don't say a thing

le vendredi 2 mai 2008

(J'essaie de ne pas parler trop fort parce que je ne veux pas effrayer l'antispam. Vu comme il se sent mal chez moi, je crois qu'il va lui falloir un chouchouï de temps pour s'acclimater et je ne dois pas le brusquer.)

Ok. Donc.

Antispam en place. Merci à Sapho et Eph'K pour leurs liens et conseils. On va voir ce que ça donne, hein. En attendant, tous spams effacés. Si si, check, tous mes posts ont retrouvé leur nombre moyen normal de commentaires. C'est beau, un blog propre. A quand une planète idem ? Par suite, bien sûr, commentaires rouverts. Profitez-en, si vous êtes encore là (ça aussi, ça va être un gros test), pour m'indiquer des blogs que vous aimez bien (et que je ne connais pas déjà) parce que bien que n'ayant plus DU TOUT le temps de les lire, pour ainsi dire, j'ai en quelque sorte décidé que je n'avais pas assez de favoris et je ne trouve rien d'excitant en ce moment, alors aidez-moi. Sinon, j'ai du post rédigé, du post tout chaud qui n'attend que d'être mis en ligne mais je n'avais pas envie de le balancer comme ça mesquinement sans savoir ce que donnerait l'antispam et de risquer qu'il se fasse polluer, le pauvre !... Alors j'annonce : il y a du post de malade qui débarque prochainement. Un conte philosophique. Oui madame. Du conte philosohique à clés avec des animaux symbolisant des hommes, je ne vous dis que ça. Je préfère prévenir : il n'y aura ni sexe, ni images tendancieuses, vous pourrez tout lire chez vous ou au bureau sans craindre de passer pour des pervers. Mais même sans sexe, ça fait drôlement envie, non ?

D'ailleurs, pour prouver ma bonne foi, vous allez voir le genre d'image sobre dont je sais, avec goût d'ailleurs, agrémenter discrètement mes écrits. Admirez donc ce chef-d'oeuvre d'Eph'K, par exemple :



C'est beau, hein ?

EDIT. Les commentaires qui ne s'affichent pas ne sont pas forcément perdus : il se peut que SpamClear les prenne encore pour des spams et que je doive d'abord lui signaler qu'ils n'en sont pas. Donc, pas de panique, commentez tout de même si vous en avez le coeur. Cela dit, si vous en avez perdu toute envie depuis longtemps, je comprends très bien aussi.

EDIT bis. Pour les commentaires laissés juste avant ou pendant l'invasion des spams tueurs, j'espère que vous me pardonnerez de les laisser ainsi sans réponse, ce qui n'est pourtant pas dans mes habitudes. Je les ai tous lus mais je ne vais pas y répondre aujourd'hui, un mois ou un mois et demi après, ce serait ridicule...