Ce n'est pas que je vais arrêter de tenir ce blog, et encore moins le fermer ; c'est juste qu'en ce moment, non contente de manquer de temps depuis plusieurs mois déjà, je consacre mes moments de loisir à écrire d'autres choses, pas pour le blog, et cela faisait si longtemps que ça ne m'était pas arrivé que j'en suis folle de joie. Je profite donc de cet enthousiasme et bien sûr, principe des vases communiquants oblige, mon blog va être au ralenti pendant quelque temps. Voilà. Je tenais juste à expliquer la raison de ma baisse actuelle de production et à prévenir que ça risque de durer un peu ou du moins, disons, d'être assez irrégulier.

Je ne vais pas commenter l'élection de Nicolas Sarkozy ; j'imagine que vous savez ce que j'en pense, mais c'est le jeu démocratique et je respecte cela plus que tout. J'ai juste peur qu'on ne le voie désormais encore plus partout et encore plus tout le temps qu'auparavant ; j'ai cette image pétrifiante d'une sorte de petite marionnette, d'un petit lutin grimaçant à l'effigie de Sarko Maltese (j'adore cette expression, je ne sais plus qui l'a employée ce matin) qui surgirait de toutes les pièces, de tous les bâtiments, de tous les endroits publics où nous nous rendrons et s'adresserait à nous avec cette intonation caractéristique : J'vais vous dire quequ'chose, moi, Madame Michu. Vous savez c'que ça s'appelle, ça, Madame Michu ?... Ca s'appelle le président d'la République, ça, Madame Michu... Voilà pour le côté burlesque de l'affaire. Pour le plus dramatique - à savoir, les actes -, nous allons être obligés d'attendre et de voir. Et de continuer à nous faire entendre.

Juste une chose. Je trouve normal qu'un président tout juste élu réunisse quelques amis pour le dîner de la victoire ; je trouve normal aussi qu'il prenne trois jours de vacances - trois jours, ce n'est pas quinze, dès demain il est de retour et cette fois, on en aura pour cinq ans - après une campagne sans doute éprouvante et avant un mandat qu'il exercera probablement, on peut lui laisser cela, avec beaucoup trop d'énergie.
Ce qui me gêne davantage, c'est que ce dîner se fasse au Fouquet's et que ces vacances se prennent sur un yacht à 190 000 euros la semaine - soit au moins 95 000 pour la période que la famille Sarkozy y aura passée - atteint grâce à un jet privé dont le seul trajet Paris-Malte en a coûté 40 000. L'espace d'un instant, on a pu craindre qu'en plus de jeter ce luxe à la face des Français privés d'emploi et/ou de pouvoir d'achat qui l'ont élu, Sarko piochait peinard dans les caisses de la République. Jean-François Copé nous a rassurés sur ce point ce matin : non, évidemment non, cet argent n'est pas celui de l'Etat. Ouf, on respire. Il faut dire que les propriétaires respectifs du jet et du yacht les ont tout simplement prêtés au nouveau président de la République. Prêtés. Voilà au moins un homme aux mains libres, dégagé des conflits d'intérêts et des pressions financières des grands propriétaires. Joie.

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