Allô, tonton Sigmund ?
jeudi 7 juin 2007, par Ménille Avénale, dans la catégorie Dear diary -# 132 - Fil RSS
Le pire - parce que tant qu'on y est, je peux tout te dire, n'est-ce pas, tonton Sigmund ? - c'est que c'est drôlement bon, cette histoire-là.
Je suppose que ce qui est bon, ce n'est pas de tromper Fiancé, hein. Il y a même des rêves où il n'est pas du tout. Je veux dire par là, des rêves qui se déroulent dans un monde où il n'existe même pas, t'as qu'à voir !... Finalement, ces rêves-là sont les plus purs parce qu'au moins je ne trompe personne, mais ce ne sont pas forcément les meilleurs. Celui de la nuit dernière, par exemple, était extrêmement bon.
J'étais à une sorte de fête, seule. Pas seule : avec des amis, mais sans Fiancé qui, dans mon rêve, existait bel et bien mais était absent. La fête était une espèce de bal masqué où je serais bien incapable de dire en quoi j'étais déguisée. Peu importe. Donc, j'étais à cette fête et il y avait ce type que j'ai vu en tout et pour tout une fois dans ma vie, quelques heures seulement, et dont j'ai toujours admis qu'il était plutôt beau gosse sans pour autant penser qu'il m'attirait vraiment. Il ne me quittait pas d'une semelle et me serrait de si près que son intention était probablement de me faire craquer. (Quelle est ta réponse à cela, tonton Sigmund ? que je désire que ce type me fasse la cour, c'est bien ça ?...) Au bout d'un moment, nous quittions la fête et nous nous retrouvions dans un environnement complètement irréel, une vague plage assez sombre qui ne ressemblait à rien de ce que je connais. Sur cette plage, posée à même le sol, il y avait une sorte de couette ou de couvre-lit. Ah ben j'avais prévenu, hein : complètement irréel. Je te le donne en mille : c'est précisément à ce moment que j'ai craqué, et je me suis retrouvée sous la couette, à peu près nue, serrée contre lui qui était dans le même état et essayait de m'embrasser.
Dans un premier temps, je m'en souviens très bien, je gémissais "Je ne peux pas, je ne peux pas" sur le ton plaintif de la fille qui ne veut pas tromper son homme mais qui bon sang, en a tout de même sacrément envie, là tout de suite. Et dans un second temps, j'embrassais à mon tour. Avec beaucoup de bonheur et un sacré soulagement. Je me sentais si bien d'avoir cédé que j'ai pensé la chose suivante : il n'est pas question que je quitte Fiancé mais désormais, chaque fois que je le verrai, je pourrai embrasser ce garçon en cachette - et la vache, ce que ça fait du bien !... Je ne songeais pas au sexe même si je suppose que le baiser, la nudité et le couvre-lit y font directement référence. (Corrige-moi si je dis trop de bêtises, tonton Sigmund.) J'avais l'impression que le fait d'assouvir ce désir-là, ce désir que je ne peux accepter moralement et que je m'efforçais donc jusqu'alors d'étouffer, complétait idéalement ma vie. Une histoire d'amour stable et constructive d'un côté, avec quelqu'un qui était censé m'accompagner pour la vie - et je tiens à te faire remarquer qu'à aucun moment du rêve cet élément n'a été remis en question - et de l'autre, un exutoire à attirances, la possibilité de se laisser aller sainement sans se compromettre (puisque, dans le monde où se déroulait mon rêve, il n'était absolument pas envisageable que nous soyons découverts).
Marrant comme dès l'instant où j'ai ouvert les vannes, je n'ai plus éprouvé la moindre culpabilité, tonton Sigmund, alors même que maintenant, bien éveillée, elle me ronge au point - je préfère te prévenir - d'envisager d'effacer ce post dans quelques jours. (Mais dans ce cas me diras-tu, pourquoi l'écrire ? et surtout le publier ?... Allons, tonton, à cette question je suis certaine que tu répondras bien mieux que moi.)
Bien à toi.
Une image onirique (mais sans sexe) :
Photo : Anaelmasri.
Dans sa version originale, ce post avait reçu 6 commentaires


Commentaires
Pas de commentaire.
Ecrire un commentaire
Les commentaires pour ce post sont fermés.