Les principales lois du coup de fil maternel (ainsi que quelques règles d'or afin de profiter au mieux de ce moment de complicité familiale)
jeudi 30 août 2007, par Ménille Avénale, dans la catégorie Dear diary -# 162 - Fil RSS
Bien sûr, il n'y a pas qu'une sorte de coup de fil maternel. Selon que l'on est ado, étu ou adulte (l'étudiant est adulte légalement, je vous l'accorde, mais souvent, c'est un adulte... pas tout à fait fini, une sorte de créature de transition, un pré-adulte, plutôt), selon que l'on vient de faire une grosse bêtise ou que l'on a besoin de réconfort, recevoir un coup de fil de sa mère n'a pas la même signification ni les mêmes conséquences.
Le CFM (Coup de Fil Maternel) dont je vais vous entretenir aujourd'hui est plutôt le CFM neutre et routinier que l'on reçoit quand on est un peu installé dans la vie, un peu loin de sa mère aussi (trop pour, par exemple, la voir tous les jours même si on en avait envie - car de toute façon, vivrait-on assez près que l'on n'en aurait pas forcément envie pour autant) et qui n'a pas pour but d'annoncer des nouvelles fracassantes et totalement inouïes, mais juste de parler un peu de ce que l'on fait ces jours-ci, c'est-à-dire la même chose que la semaine dernière et probablement aussi que la semaine prochaine à quelques menus détails près.
Or, il se trouve que ce type de CFM obéit de manière étonnamment fixe à des règles quasiment immuables.
1. Au moment où vous vous installez dans la vie loin d'elle, comme je le disais plus haut, votre mère fixe elle-même le rythme du coup de fil à la fréquence à laquelle elle a l'habitude de recevoir ses propres CFM, et ce, même si cette fréquence ne lui convient pas et qu'elle s'en est toujours plainte. Cela va de pair avec cette loi générationnelle plus solide encore qui veut que toute femme reproduise avec sa fille ce que sa mère a fait avec elle, alors même qu'elle ne le supportait pas et avait résolu d'être une mère tout à fait différente.
Bien sûr, cette première loi n'est valable que si vous êtes une fille. Si vous êtes un garçon, deux possibilités : soit elle vous appelle tout le temps, pour un rien (ce qui est certes un rythme régulier, mais pas celui des appels de sa propre mère), soit elle n'ose pas vous déranger avec ses bavardages et attend donc religieusement que son grand fils daigne l'appeler lui-même. Si vous ne le faites pas pendant plusieurs jours voire semaines, ne vous inquiétez pas : elle ne vous appellera quand même pas la première, mais déchargera son trop-plein de paroles sur votre soeur.
2. Par définition, le CFM tombe mal. (Pour qu'il tombe bien, il faudrait que ce soit vous qui le passiez, ce qui en ferait un CFF, un coup de fil filial, et ce n'est pas notre sujet du jour.) Même si vous l'attendiez, même si vous vous y étiez préparée, même si vous aviez dégagé une plage horaire de votre précieux temps pour vous soumettre à cette corvée rituelle garante de votre tranquillité (combien de disputes et de reproches votre mère vous a-t-elle épargnés en échange de votre heure de conversation hebdomadaire ? Dieu seul le sait, mais c'est finalement un sacrifice bien minime), il se passe toujours quelque chose qui fait que finalement, à la toute dernière minute, le CFM tombe mal.
Exemple vécu : quelques minutes avant le CFM, votre amoureux/meilleure amie/patron appelle. Impossible de ne pas décrocher. Vous vous dites : pas grave, si ma mère appelle pendant ce temps, je la mets en attente ou je la rappelle. Et quand elle appelle effectivement et que vous lui annoncez "Tu sais, je suis au téléphone avec Hubert/Simone/Monsieur Brachard", elle s'exclame "Ah, vraiment, alors comment va-t-il/elle ?" et commence à parler. Il faudra l'interrompre trois fois avant de pouvoir lui expliquer qu'elle va devoir attendre quelques minutes, ou rappeler plus tard. Bon courage.
Variantes possibles : quelques minutes avant le CFM, le chat renverse sa gamelle d'eau et inonde la cuisine, votre voisin envoie un ballon de foot dans un de vos carreaux, Desperate Housewives vient de commencer, vous êtes prise d'une envie subite d'aller vider votre vessie et c'est de la salle de bain, incapable de bouger sous la pression du liquide trop longtemps retenu, que vous entendez, impuissante, votre téléphone sonner rageusement...
Prévoyez de longues minutes pour, au choix, décrocher mais expliquer que vous êtes obligée de rappeler plus tard, ou bien laisser sonner et expliquer plus tard pourquoi vous n'avez pas répondu.
3. Votre mère appelle certes pour prendre de vos nouvelles, mais pas de toutes vos nouvelles.
Oh, je sais ce que vous allez me dire : "De toute façon on fait le tri, hein, on ne raconte pas tout à sa mère..." Naïve que vous êtes ! Dans ce tri, vous avez laissé traîner au moins un ou deux sujets que votre mère n'a pas envie d'aborder. Si vous les maintenez, attendez-vous à subir, au choix, inattention complète ou énervement maternel.
Les amours, par exemple - sauf dans les très, très grandes lignes. Votre mère a juste envie d'entendre des phrases-clés comme "Il faudra que je te présente quelqu'un la prochaine fois qu'on se voit", "Hubert et moi, on va s'installer ensemble", "Hubert et moi, on va se marier", "Hubert et moi, on attend un bébé", "Hubert et moi on se sépare". Cinq phrases faciles à mémoriser et parmi lesquelles vous n'aurez pas à piocher plus d'une fois par an à peu près (beaucoup moins pour certaines d'entre nous). C'est tout. Le CFM ne doit comporter aucune autre évocation de votre vie amoureuse, sauf question explicite à laquelle il faut répondre le plus brièvement possible : "Et comment ça va avec Hubert ?" "Très bien, très bien" ou "Pas bien du tout, mais je n'ai pas envie d'en parler pour l'instant" (seul développement possible dans le cas où vous auriez besoin de cette seconde réponse parce qu'il est hors de question que vous cassiez du sucre sur le dos de votre amoureux en présence de votre mère - en revanche, l'inverse est naturellement possible même si pas toujours conseillé).
4. Votre mère n'appelle pas seulement pour prendre de vos nouvelles, mais aussi - et peut-être surtout - pour donner des siennes, et avec les siennes, celles de tout le quartier (que vous avez quitté il y a dix ans mais dont elle suppose que ça vous intéresse toujours), de tous ses amis à elle (qui ne sont donc pas les vôtres mais autant que vous soyez prévenue, si un jour vous vous mariez, ils devront être invités - mon conseil : allez vous marier à la mairie avec juste deux témoins et basta) et, bien sûr, de vos grands-parents, comme si vous ne les appeliez jamais.
Bon, d'accord, vous ne les appelez jamais, mais c'est bien qu'il y a une raison, non ? En tout cas, ce n'est pas pour entendre quand même parler d'eux lors d'un CFM (déjà assez pénible comme ça, merci).
Et pendant que vous branchez le kit mains-libres ou le haut-parleur (on ne sait jamais, à un moment donné, elle pourrait s'interrompre dans son monologue et vous poser une vraie question) pour vous soulager un peu le bras et l'oreille, vous vous demandez pourquoi, mais pourquoi tout cela a le don de vous ennuyer autant alors qu'avec vos ami(e)s, vous adorez les ragots, même à propos de gens que vous ne connaissez pas, et vous pourriez en écouter pendant des heures même s'ils sont moyennement croustillants ; alors, c'est à peu près pareil, non ? Eh bien non, pour une raison simple : votre mère, c'est votre mère. Pas votre copine. Et les meilleurs psychologues vous diront que c'est sans doute grâce à cela qu'aujourd'hui, vous êtes une personne équilibrée et mûre avec de bons repères et aucun problème d'autorité. Merci qui ?
Certes, tout cela ne fait pas du CFM le moment le plus agréable de votre journée. Pourtant, il existe quelques façons très efficaces d'en faire un moment, disons, pas trop désagréable.
1. Rentabilisez ces précieux instants au cours desquels vous êtes coincée chez vous, réduite à une relative immobilité et à des activités peu bruyantes (impossible de passer l'aspirateur ou de percer des trous dans le mur, elle ne vous croirait pas si vous disiez que si si, je t'écoute, maman).
Ceci est vraiment une règle d'or absolue à laquelle il ne faut jamais, jamais déroger : lors d'un CFM, il faut être (ou se rendre rapidement) à proximité de son ordinateur, l'allumer en douce et lire ses mails, ses blogs préférés et ses pages d'actualité habituelles sans le moindre scrupule. C'est autant de temps que vous ne perdrez pas sur le Web depuis votre bureau ou à des heures auxquelles vous êtes censée bosser, feignante ! On peut aussi, en coupant le son, lancer MSN et chatter peinarde pendant que le CFM continue à vous abreuver en nouvelles fraîches de la boulangère du coin et de gens que vous n'avez pas revus depuis l'âge de cinq ans.
Attention toutefois : votre mère vous connaît par coeur et elle est capable de déceler, rien qu'à votre voix, le taux d'attention que vous lui accordez réellement. Si vous êtes trop à fond sur l'ordi, elle va finir par vous dire : "Tu m'écoutes, là ? Tu n'es pas plutôt sur ton truc, comment vous appelez ça, Mécène, votre truc de tchatche, là ?" Bon, vous voyez bien qu'elle vous connaît par coeur. Alors de grâce, jouez-la fine et rajoutez-en sur les signes extérieurs d'intérêt ("Ah ? Oh ? Oui, vraiment ? Noooooon ! Si ?", le tout prononcé avec conviction, servez-vous des cours de théâtre du lycée, que voulez-vous que je vous dise).
Variantes possibles à l'ordinateur : manucure, pédicure, épluchage de pommes de terre et autres pliages de linge. Malheureusement, tout cela ne dure pas toujours assez longtemps pour couvrir le CFM, alors que l'ordi, si.
2. Il n'y a aucune autre règle d'or aussi incontournable que celle-ci. Le reste n'est que petits aménagements personnels avec le CFM, à adapter aux goûts de chacune. S'offrir une soirée DVD après chaque CFM en compensation (limite : et s'il y a plusieurs CFM par jour ?), déverser sur sa mère tout son énervement de la journée pour ne pas avoir à le déverser sur son amoureux (limite : ça va l'énerver en retour et je ne garantis pas la fin heureuse du CFM), n'accepter les CFM que quand on est très malade, clouée au lit et qu'ils en deviennent presque une distraction (limite : ça risque de ne pas se produire très souvent et vous serez vite brouillée avec votre mère, sauf si elle accepte de commencer un CFM par "Alors, quoi de neuf ces deux dernières années ?").
Je pense que j'ai fait mon boulot et que ce post vous aidera à mieux appréhender et gérer les CFM qui vous attendent. Dans le cas contraire, je décline évidemment toute responsabilité. J'ai bien trop à faire avec ma mère pour m'occuper de la vôtre, cela va de soi. (Mais dites-vous que c'est grâce à cela que les psys sont des gens riches.)
Le CFM (Coup de Fil Maternel) dont je vais vous entretenir aujourd'hui est plutôt le CFM neutre et routinier que l'on reçoit quand on est un peu installé dans la vie, un peu loin de sa mère aussi (trop pour, par exemple, la voir tous les jours même si on en avait envie - car de toute façon, vivrait-on assez près que l'on n'en aurait pas forcément envie pour autant) et qui n'a pas pour but d'annoncer des nouvelles fracassantes et totalement inouïes, mais juste de parler un peu de ce que l'on fait ces jours-ci, c'est-à-dire la même chose que la semaine dernière et probablement aussi que la semaine prochaine à quelques menus détails près.
Or, il se trouve que ce type de CFM obéit de manière étonnamment fixe à des règles quasiment immuables.
1. Au moment où vous vous installez dans la vie loin d'elle, comme je le disais plus haut, votre mère fixe elle-même le rythme du coup de fil à la fréquence à laquelle elle a l'habitude de recevoir ses propres CFM, et ce, même si cette fréquence ne lui convient pas et qu'elle s'en est toujours plainte. Cela va de pair avec cette loi générationnelle plus solide encore qui veut que toute femme reproduise avec sa fille ce que sa mère a fait avec elle, alors même qu'elle ne le supportait pas et avait résolu d'être une mère tout à fait différente.
Bien sûr, cette première loi n'est valable que si vous êtes une fille. Si vous êtes un garçon, deux possibilités : soit elle vous appelle tout le temps, pour un rien (ce qui est certes un rythme régulier, mais pas celui des appels de sa propre mère), soit elle n'ose pas vous déranger avec ses bavardages et attend donc religieusement que son grand fils daigne l'appeler lui-même. Si vous ne le faites pas pendant plusieurs jours voire semaines, ne vous inquiétez pas : elle ne vous appellera quand même pas la première, mais déchargera son trop-plein de paroles sur votre soeur.
2. Par définition, le CFM tombe mal. (Pour qu'il tombe bien, il faudrait que ce soit vous qui le passiez, ce qui en ferait un CFF, un coup de fil filial, et ce n'est pas notre sujet du jour.) Même si vous l'attendiez, même si vous vous y étiez préparée, même si vous aviez dégagé une plage horaire de votre précieux temps pour vous soumettre à cette corvée rituelle garante de votre tranquillité (combien de disputes et de reproches votre mère vous a-t-elle épargnés en échange de votre heure de conversation hebdomadaire ? Dieu seul le sait, mais c'est finalement un sacrifice bien minime), il se passe toujours quelque chose qui fait que finalement, à la toute dernière minute, le CFM tombe mal.
Exemple vécu : quelques minutes avant le CFM, votre amoureux/meilleure amie/patron appelle. Impossible de ne pas décrocher. Vous vous dites : pas grave, si ma mère appelle pendant ce temps, je la mets en attente ou je la rappelle. Et quand elle appelle effectivement et que vous lui annoncez "Tu sais, je suis au téléphone avec Hubert/Simone/Monsieur Brachard", elle s'exclame "Ah, vraiment, alors comment va-t-il/elle ?" et commence à parler. Il faudra l'interrompre trois fois avant de pouvoir lui expliquer qu'elle va devoir attendre quelques minutes, ou rappeler plus tard. Bon courage.
Variantes possibles : quelques minutes avant le CFM, le chat renverse sa gamelle d'eau et inonde la cuisine, votre voisin envoie un ballon de foot dans un de vos carreaux, Desperate Housewives vient de commencer, vous êtes prise d'une envie subite d'aller vider votre vessie et c'est de la salle de bain, incapable de bouger sous la pression du liquide trop longtemps retenu, que vous entendez, impuissante, votre téléphone sonner rageusement...
Prévoyez de longues minutes pour, au choix, décrocher mais expliquer que vous êtes obligée de rappeler plus tard, ou bien laisser sonner et expliquer plus tard pourquoi vous n'avez pas répondu.
3. Votre mère appelle certes pour prendre de vos nouvelles, mais pas de toutes vos nouvelles.
Oh, je sais ce que vous allez me dire : "De toute façon on fait le tri, hein, on ne raconte pas tout à sa mère..." Naïve que vous êtes ! Dans ce tri, vous avez laissé traîner au moins un ou deux sujets que votre mère n'a pas envie d'aborder. Si vous les maintenez, attendez-vous à subir, au choix, inattention complète ou énervement maternel.
Les amours, par exemple - sauf dans les très, très grandes lignes. Votre mère a juste envie d'entendre des phrases-clés comme "Il faudra que je te présente quelqu'un la prochaine fois qu'on se voit", "Hubert et moi, on va s'installer ensemble", "Hubert et moi, on va se marier", "Hubert et moi, on attend un bébé", "Hubert et moi on se sépare". Cinq phrases faciles à mémoriser et parmi lesquelles vous n'aurez pas à piocher plus d'une fois par an à peu près (beaucoup moins pour certaines d'entre nous). C'est tout. Le CFM ne doit comporter aucune autre évocation de votre vie amoureuse, sauf question explicite à laquelle il faut répondre le plus brièvement possible : "Et comment ça va avec Hubert ?" "Très bien, très bien" ou "Pas bien du tout, mais je n'ai pas envie d'en parler pour l'instant" (seul développement possible dans le cas où vous auriez besoin de cette seconde réponse parce qu'il est hors de question que vous cassiez du sucre sur le dos de votre amoureux en présence de votre mère - en revanche, l'inverse est naturellement possible même si pas toujours conseillé).
4. Votre mère n'appelle pas seulement pour prendre de vos nouvelles, mais aussi - et peut-être surtout - pour donner des siennes, et avec les siennes, celles de tout le quartier (que vous avez quitté il y a dix ans mais dont elle suppose que ça vous intéresse toujours), de tous ses amis à elle (qui ne sont donc pas les vôtres mais autant que vous soyez prévenue, si un jour vous vous mariez, ils devront être invités - mon conseil : allez vous marier à la mairie avec juste deux témoins et basta) et, bien sûr, de vos grands-parents, comme si vous ne les appeliez jamais.
Bon, d'accord, vous ne les appelez jamais, mais c'est bien qu'il y a une raison, non ? En tout cas, ce n'est pas pour entendre quand même parler d'eux lors d'un CFM (déjà assez pénible comme ça, merci).
Et pendant que vous branchez le kit mains-libres ou le haut-parleur (on ne sait jamais, à un moment donné, elle pourrait s'interrompre dans son monologue et vous poser une vraie question) pour vous soulager un peu le bras et l'oreille, vous vous demandez pourquoi, mais pourquoi tout cela a le don de vous ennuyer autant alors qu'avec vos ami(e)s, vous adorez les ragots, même à propos de gens que vous ne connaissez pas, et vous pourriez en écouter pendant des heures même s'ils sont moyennement croustillants ; alors, c'est à peu près pareil, non ? Eh bien non, pour une raison simple : votre mère, c'est votre mère. Pas votre copine. Et les meilleurs psychologues vous diront que c'est sans doute grâce à cela qu'aujourd'hui, vous êtes une personne équilibrée et mûre avec de bons repères et aucun problème d'autorité. Merci qui ?
Certes, tout cela ne fait pas du CFM le moment le plus agréable de votre journée. Pourtant, il existe quelques façons très efficaces d'en faire un moment, disons, pas trop désagréable.
1. Rentabilisez ces précieux instants au cours desquels vous êtes coincée chez vous, réduite à une relative immobilité et à des activités peu bruyantes (impossible de passer l'aspirateur ou de percer des trous dans le mur, elle ne vous croirait pas si vous disiez que si si, je t'écoute, maman).
Ceci est vraiment une règle d'or absolue à laquelle il ne faut jamais, jamais déroger : lors d'un CFM, il faut être (ou se rendre rapidement) à proximité de son ordinateur, l'allumer en douce et lire ses mails, ses blogs préférés et ses pages d'actualité habituelles sans le moindre scrupule. C'est autant de temps que vous ne perdrez pas sur le Web depuis votre bureau ou à des heures auxquelles vous êtes censée bosser, feignante ! On peut aussi, en coupant le son, lancer MSN et chatter peinarde pendant que le CFM continue à vous abreuver en nouvelles fraîches de la boulangère du coin et de gens que vous n'avez pas revus depuis l'âge de cinq ans.
Attention toutefois : votre mère vous connaît par coeur et elle est capable de déceler, rien qu'à votre voix, le taux d'attention que vous lui accordez réellement. Si vous êtes trop à fond sur l'ordi, elle va finir par vous dire : "Tu m'écoutes, là ? Tu n'es pas plutôt sur ton truc, comment vous appelez ça, Mécène, votre truc de tchatche, là ?" Bon, vous voyez bien qu'elle vous connaît par coeur. Alors de grâce, jouez-la fine et rajoutez-en sur les signes extérieurs d'intérêt ("Ah ? Oh ? Oui, vraiment ? Noooooon ! Si ?", le tout prononcé avec conviction, servez-vous des cours de théâtre du lycée, que voulez-vous que je vous dise).
Variantes possibles à l'ordinateur : manucure, pédicure, épluchage de pommes de terre et autres pliages de linge. Malheureusement, tout cela ne dure pas toujours assez longtemps pour couvrir le CFM, alors que l'ordi, si.
2. Il n'y a aucune autre règle d'or aussi incontournable que celle-ci. Le reste n'est que petits aménagements personnels avec le CFM, à adapter aux goûts de chacune. S'offrir une soirée DVD après chaque CFM en compensation (limite : et s'il y a plusieurs CFM par jour ?), déverser sur sa mère tout son énervement de la journée pour ne pas avoir à le déverser sur son amoureux (limite : ça va l'énerver en retour et je ne garantis pas la fin heureuse du CFM), n'accepter les CFM que quand on est très malade, clouée au lit et qu'ils en deviennent presque une distraction (limite : ça risque de ne pas se produire très souvent et vous serez vite brouillée avec votre mère, sauf si elle accepte de commencer un CFM par "Alors, quoi de neuf ces deux dernières années ?").
Je pense que j'ai fait mon boulot et que ce post vous aidera à mieux appréhender et gérer les CFM qui vous attendent. Dans le cas contraire, je décline évidemment toute responsabilité. J'ai bien trop à faire avec ma mère pour m'occuper de la vôtre, cela va de soi. (Mais dites-vous que c'est grâce à cela que les psys sont des gens riches.)


Commentaires
#1 - Le jeudi 30 août 2007 à 17:02, par Krazy Kitty
#2 - Le jeudi 30 août 2007 à 20:07, par toma
#3 - Le jeudi 30 août 2007 à 21:35, par Junko
#4 - Le vendredi 31 août 2007 à 07:02, par Deanna
#5 - Le samedi 1 septembre 2007 à 14:29, par Ménille Avénale
#6 - Le dimanche 2 septembre 2007 à 19:24, par Sapho
#7 - Le lundi 10 septembre 2007 à 12:22, par Ménille Avénale
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