Cinémusic
mercredi 5 septembre 2007, par Ménille Avénale, dans la catégorie Nature et culture -# 182 - Fil RSS
Sur une idée de Stellou (dont je découvre le blog à cette occasion) et une requête de Deanna, voici le top 5 des musiques ou chansons que j'ai découvertes grâce à des films et qui y restent donc définitivement associées pour moi.
1. Dans le Dernier des Mohicans : la superbe BO composée par Trevor Jones.
L'histoire est brutale et très, très triste puisque la moitié des personnages principaux meurent dans des conditions atroces (j'ignore si sur ce point, le film est fidèle au roman de Cooper dont il est inspiré). Mais que ne donnerait-on pour voir Daniel Day Lewis courir dans les forêts du Sud, vêtu de beige, carquois au dos et longs cheveux noirs flottant au vent ? Sur fond de conflit entre Indiens, Anglais et Français (Patrice Chéreau apparaît même dans le rôle du général La Fayette, je crois) à la fin du XVIIIe siècle dans le Sud-Est des Etats-Unis, notre Daniel tombe évidemment amoureux de la plus (re)belle des deux filles du général anglais qu'il protège. La scène du baiser est si troublante que l'on ne sait plus si c'est la musique qui charge les images de tant d'émotion ou l'inverse. Depuis, une demi-douzaine des titres de cette BO (variantes continues sur les deux thèmes principaux que l'on entend ici) tournent en boucle dans mon iPod.
2. Dans Coup de foudre à Notting Hill : "Ain't no sunshine", par Bill Withers.
Au milieu d'une bluette romantique forcément charmante, puisqu'elle se déroule à Londres et réunit Julia Roberts dans le rôle d'une actrice ultra-adulée avide de normalité et Hugh Grant dans celui de Monsieur Tout-le-monde (question : peut-on vraiment être Monsieur Tout-le-monde quand on a lephysique charme de Hugh Grant ?), paf, le coup de foudre. Scotchée au fauteuil de la salle de cinéma dans la chaleur de l'été, je ne sais plus, 1999 ? 2000 ?, j'ai découvert cette mélodie magnifique, ces paroles éternelles et cette voix purement divine pendant la scène où Hugh Grant croit que tout est fini et qu'il a perdu sa belle à jamais sans espoir de la revoir (il y a toujours un passage vaguement dépressif de ce goût-là dans les comédies romantiques, ça permet de repartir de plus belle après et de ménager un happy end digne de ce nom). Il déambule donc, seul et passablement triste, dans les rues de Londres, par toutes les saisons (ça, c'est pour bien montrer au spectateur que le temps passe) et pendant que les autres filles se demandent "Bon sang, mais comment se fait-il que personne ne se soit encore proposé pour le consoler ?", moi, je laisse la chanson me fendre le coeur et me remplir les yeux.
3. et 4. Dans Roméo + Juliette : "I'm kissing you", par Desree, et "Talk Show Host", par Radiohead.
Dans ce film douloureux et extravagant, belle (et fidèle) adaptation moderne du drame de Shakespeare, la BO tient, une fois encore, une importance capitale. Pour l'avoir écoutée en disque plus tard, je sais, de manière générale, qu'elle est variée, originale et intéressante, mais sur le coup, au cinéma, seuls deux titres avaient retenu mon oreille et mon attention au point de m'obséder les semaines suivantes.
D'abord, la performance de Des'ree (qui apparaît dans le film, dans son propre rôle, et est censée interpréter "I'm kissing you" au fameux bal des Capulet) pendant LA scène de la rencontre, du coup de foudre et du premier baiser. Aaaaaah, le visage de Roméo/Leo derrière la vitre de l'aquarium !... Oh c'est bon, hein, c'était il y a dix ans, il avait vingt ans, j'en avais seize et tout était encore possible, y compris se laisser séduire par sa bouille de jeune premier-le-plus-doué-de-sa-génération (plus tard, j'ai essayé de me distinguer en disant que je lui préférais Matt Damon - c'était à l'époque de Will Hunting -, puis l'un comme l'autre m'ont laissée indifférente, puis je les ai réconciliés en voyant Les Infiltrés, de Scorsese, dans lequel ils sont, dix ans plus tard, aussi beaux et talentueux l'un que l'autre, yeeeeeeha !). NB. Dans les dernières (ou presque) images de ce petit clip, la nourrice de Juliette lui glisse à l'oreille quelque chose comme "C'est Roméo Montaigu, le fils de votre pire ennemi"... Amis de l'insouciance et de la facilité, bonjour.
Puis le chant déchiré et sublime, forcément sublime, de Thom Yorke lors de la scène où Roméo, contraint de s'exiler parce qu'il a tué le cousin de Juliette, rumine sa détresse dans une sorte de désert punk où ses amis viennent lui rendre visite en cabriolet. Là, il fume, seul, tient son journal intime et fronce les sourcils pour ne pas être ébloui par l'intensité de la lumière du soleil. Les quatre notes de guitare qui ouvrent le morceau suffisent à elles seules à rendre tout le désespoir de ce moment. D'habitude, j'ai comme une sorte de problème avec Radiohead : j'adore environ la moitié de leurs chansons et en déteste l'autre partie. Celle-là fait bien sûr partie de la première catégorie. J'ai eu la chance de l'entendre interprétée par eux lors d'un concert et croyez-moi, même sur scène, on en retient ses larmes (trop de sable dans les yeux, peut-être ?). NB. Je n'ai pas trouvé de vidéo où "Talk Show Host" accompagne strictement la scène qu'elle illustre dans le film, j'en suis réduite à vous montrer ce petit montage un rien pourri.
5. Dans Esprits rebelles : "Gangsta's Paradise", par Coolio.
Bon, alors là, il faut que je sois un peu honnête.
J'ai vraiment dû me creuser pour ce numéro 5 et je ne suis donc pas certaine à cent pour cent que c'est bien dans le film que j'ai découvert ce titre de Coolio. A l'époque, il est tellement passé en boucle sur toutes les radios que j'écoutais (c'est-à-dire : NRJ) des semaines avant la sortie que, selon toute probabilité, je le connaissais (par coeur) (je le connais encore par coeur, d'ailleurs) avant d'aller voir le film - film qui, en lui-même, ne casse d'ailleurs pas des briques. Michelle Pfeiffer en prof anticonformiste de littérature dans un lycée hyper-difficile (drogue, sexe, prison, gangs), c'était tout de même un rien longuet.
Mais la BO, mes amis, la BO !... Esprits rebelles (en anglais Dangerous minds, je crois) commence sur cette musique. Direct. Là encore, clouée au fauteuil par les sons avant même de recevoir les images. La puissance de la voix du rappeur, des arrangements, du rythme (simpliste mais efficace), tout cela a une certaine brutalité qui fonctionne très bien avec moi. Et les choeurs à la fin ! J'en ai encore des frissons.
Mais voici le plus intéressant, une sorte de 5 bis, si vous voulez ; c'est grâce à "Gangsta's paradise", et de cela je suis sûre, que j'ai découvert le morceau qui lui sert de support : "Pastime paradise", de Stevie Wonder. Tout ce qui est démonstratif dans le premier devient délicat et suggestif dans le second : l'introduction, la petite orchestration au violon doublé du violoncelle, la voix, les mélodies secondaires, tout. Et contrairement à ce qu'on pourrait penser, les paroles de l'original sont un peu plus militantes que celles de la reprise.
Allez, un 5 ter !... Cadeau pour la route. Une reprise entièrement vocale du titre de Stevie Wonder par une chorale gospel américaine, à l'américaine (regardez comme ils bougent). Le genre d'arrangement qui met cette chanson particulièrement en valeur.
Selon mon habitude, je ne refile pas le bébé à des noms précis ; chacun se sert, en fait ce qu'il veut et signale sa participation dans les commentaires.
1. Dans le Dernier des Mohicans : la superbe BO composée par Trevor Jones.
L'histoire est brutale et très, très triste puisque la moitié des personnages principaux meurent dans des conditions atroces (j'ignore si sur ce point, le film est fidèle au roman de Cooper dont il est inspiré). Mais que ne donnerait-on pour voir Daniel Day Lewis courir dans les forêts du Sud, vêtu de beige, carquois au dos et longs cheveux noirs flottant au vent ? Sur fond de conflit entre Indiens, Anglais et Français (Patrice Chéreau apparaît même dans le rôle du général La Fayette, je crois) à la fin du XVIIIe siècle dans le Sud-Est des Etats-Unis, notre Daniel tombe évidemment amoureux de la plus (re)belle des deux filles du général anglais qu'il protège. La scène du baiser est si troublante que l'on ne sait plus si c'est la musique qui charge les images de tant d'émotion ou l'inverse. Depuis, une demi-douzaine des titres de cette BO (variantes continues sur les deux thèmes principaux que l'on entend ici) tournent en boucle dans mon iPod.
2. Dans Coup de foudre à Notting Hill : "Ain't no sunshine", par Bill Withers.
Au milieu d'une bluette romantique forcément charmante, puisqu'elle se déroule à Londres et réunit Julia Roberts dans le rôle d'une actrice ultra-adulée avide de normalité et Hugh Grant dans celui de Monsieur Tout-le-monde (question : peut-on vraiment être Monsieur Tout-le-monde quand on a le
3. et 4. Dans Roméo + Juliette : "I'm kissing you", par Desree, et "Talk Show Host", par Radiohead.
Dans ce film douloureux et extravagant, belle (et fidèle) adaptation moderne du drame de Shakespeare, la BO tient, une fois encore, une importance capitale. Pour l'avoir écoutée en disque plus tard, je sais, de manière générale, qu'elle est variée, originale et intéressante, mais sur le coup, au cinéma, seuls deux titres avaient retenu mon oreille et mon attention au point de m'obséder les semaines suivantes.
D'abord, la performance de Des'ree (qui apparaît dans le film, dans son propre rôle, et est censée interpréter "I'm kissing you" au fameux bal des Capulet) pendant LA scène de la rencontre, du coup de foudre et du premier baiser. Aaaaaah, le visage de Roméo/Leo derrière la vitre de l'aquarium !... Oh c'est bon, hein, c'était il y a dix ans, il avait vingt ans, j'en avais seize et tout était encore possible, y compris se laisser séduire par sa bouille de jeune premier-le-plus-doué-de-sa-génération (plus tard, j'ai essayé de me distinguer en disant que je lui préférais Matt Damon - c'était à l'époque de Will Hunting -, puis l'un comme l'autre m'ont laissée indifférente, puis je les ai réconciliés en voyant Les Infiltrés, de Scorsese, dans lequel ils sont, dix ans plus tard, aussi beaux et talentueux l'un que l'autre, yeeeeeeha !). NB. Dans les dernières (ou presque) images de ce petit clip, la nourrice de Juliette lui glisse à l'oreille quelque chose comme "C'est Roméo Montaigu, le fils de votre pire ennemi"... Amis de l'insouciance et de la facilité, bonjour.
Puis le chant déchiré et sublime, forcément sublime, de Thom Yorke lors de la scène où Roméo, contraint de s'exiler parce qu'il a tué le cousin de Juliette, rumine sa détresse dans une sorte de désert punk où ses amis viennent lui rendre visite en cabriolet. Là, il fume, seul, tient son journal intime et fronce les sourcils pour ne pas être ébloui par l'intensité de la lumière du soleil. Les quatre notes de guitare qui ouvrent le morceau suffisent à elles seules à rendre tout le désespoir de ce moment. D'habitude, j'ai comme une sorte de problème avec Radiohead : j'adore environ la moitié de leurs chansons et en déteste l'autre partie. Celle-là fait bien sûr partie de la première catégorie. J'ai eu la chance de l'entendre interprétée par eux lors d'un concert et croyez-moi, même sur scène, on en retient ses larmes (trop de sable dans les yeux, peut-être ?). NB. Je n'ai pas trouvé de vidéo où "Talk Show Host" accompagne strictement la scène qu'elle illustre dans le film, j'en suis réduite à vous montrer ce petit montage un rien pourri.
5. Dans Esprits rebelles : "Gangsta's Paradise", par Coolio.
Bon, alors là, il faut que je sois un peu honnête.
J'ai vraiment dû me creuser pour ce numéro 5 et je ne suis donc pas certaine à cent pour cent que c'est bien dans le film que j'ai découvert ce titre de Coolio. A l'époque, il est tellement passé en boucle sur toutes les radios que j'écoutais (c'est-à-dire : NRJ) des semaines avant la sortie que, selon toute probabilité, je le connaissais (par coeur) (je le connais encore par coeur, d'ailleurs) avant d'aller voir le film - film qui, en lui-même, ne casse d'ailleurs pas des briques. Michelle Pfeiffer en prof anticonformiste de littérature dans un lycée hyper-difficile (drogue, sexe, prison, gangs), c'était tout de même un rien longuet.
Mais la BO, mes amis, la BO !... Esprits rebelles (en anglais Dangerous minds, je crois) commence sur cette musique. Direct. Là encore, clouée au fauteuil par les sons avant même de recevoir les images. La puissance de la voix du rappeur, des arrangements, du rythme (simpliste mais efficace), tout cela a une certaine brutalité qui fonctionne très bien avec moi. Et les choeurs à la fin ! J'en ai encore des frissons.
Mais voici le plus intéressant, une sorte de 5 bis, si vous voulez ; c'est grâce à "Gangsta's paradise", et de cela je suis sûre, que j'ai découvert le morceau qui lui sert de support : "Pastime paradise", de Stevie Wonder. Tout ce qui est démonstratif dans le premier devient délicat et suggestif dans le second : l'introduction, la petite orchestration au violon doublé du violoncelle, la voix, les mélodies secondaires, tout. Et contrairement à ce qu'on pourrait penser, les paroles de l'original sont un peu plus militantes que celles de la reprise.
Allez, un 5 ter !... Cadeau pour la route. Une reprise entièrement vocale du titre de Stevie Wonder par une chorale gospel américaine, à l'américaine (regardez comme ils bougent). Le genre d'arrangement qui met cette chanson particulièrement en valeur.
Selon mon habitude, je ne refile pas le bébé à des noms précis ; chacun se sert, en fait ce qu'il veut et signale sa participation dans les commentaires.


Commentaires
#1 - Le jeudi 6 septembre 2007 à 14:58, par Deanna
#2 - Le samedi 8 septembre 2007 à 10:57, par Junko
#3 - Le samedi 8 septembre 2007 à 20:15, par annabelle
#4 - Le lundi 10 septembre 2007 à 13:01, par Ménille Avénale
#5 - Le vendredi 1 février 2008 à 17:23, par Mr Bark
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