Mercredi dernier, j'ai regardé cette foutue émission alors que je n'ai de coup de coeur pour aucun candidat cette année* et pas du tout envie de me mettre à la colle avec ce programme jusqu'à fin juin comme l'an dernier. Mais laissons de côté ce mouvement masochiste et destructeur typique de ma personnalité et voyons plutôt les choses en face :

la Nouvelle Star est une émission hyper-stressante et très, très angoissante.

C'est horrible. Pendant les épreuves du Trianon, le téléspectateur subit de plein fouet les appréhensions des candidats, vit leur vie de chanteurs stressés presque deux heures durant, prend les tensions intra-jury droit dans la tronche (au fait, quelqu'un pourrait-il demander à Philippe Manoeuvre de cesser de s'énerver et de faire semblant de vouloir tout casser dès qu'une délibération dure un peu trop longtemps à son goût ? C'est pénible, à la fin, et on a envie de lui dire que s'il ne se sentait pas d'être juré, il n'avait qu'à décliner la proposition, le pépère), ressent les coups de blues, les coups de tête, les coups de gueule comme s'il y était, manque de craquer et de s'effondrer comme eux, et tout cela, sans même avoir la compensation du direct, du show, du grand (?) spectacle, du divertissement à l'ancienne comme ce sera le cas quand tout ce petit monde aura investi Baltard.

Ah non, je vous assure, ça vous fait des soirées à peine vivables.

La nuit qui a suivi, j'ai dormi cinq heures, incapable que j'étais de trouver le sommeil avec le coeur qui battait à tout rompre et les visages défaits de ces pauvres petits loups devant les yeux. Les termes "catastrophe", "hécatombe", "je me suis plantée", "j'ai craqué" me hantaient jusqu'à l'étourdissement. Et le teaser de la semaine prochaine m'a glacé le sang : après la fin de la dernière épreuve du Trianon, les jurés recevront les cinquante derniers candidats un par un, à Baltard, pour leur annoncer si oui ou non, ils vont monter sur la scène du direct. Le décor de ces petits entretiens privilégiés sera des plus dépouillés : au milieu des structures métalliques du pavillon, deux fauteuils blancs hyper carrés, pas du tout mous ni confortables, placés à peu près face à face, dans la lumière bleue qui, dans ce genre d'émission, signifie qu'attention, l'heure est grave et le verdict approche.

J'en frissonne d'avance. Hors de question que je regarde cela en semaine, je risque de m'évanouir. A la limite, je visionnerai la rediff du vendredi soir sur W9 après avoir consulté sur Internet la liste des candidats retenus, de manière à aborder le tout avec la sérénité de celle qui sait déjà et à ne pas avoir l'impression, cinquante fois de suite, d'être moi-même la candidate coincée sur le fauteuil et qui ne sent plus ses jambes. Oui, je vais faire ça. Ce sera bien.

* Ok, ok, ce n'est pas tout à fait vrai. J'aime bien le Julien aux yeux clairs qui a chanté Halleluiah au casting, et aussi Cédric le marin, avec ses polos classious et son air de venir tout droit de sa dernière partie de golf, et Ycare, même s'il est moins drôle qu'il ne semble le penser. Du côté des filles, j'aime évidemment Amandine, la blonde à la voix rauque qui avait chanté Knocking on heaven's door, et Sian, qui a une voix et une allure magnifiques mais qui commence à me saouler à mettre des "ba ba dou wap wap dou wap" partout, et Martje, la belle Hollandaise qui déchire tout dès qu'elle ouvre la bouche, et bien sûr Violaine, qui porte des béquilles et paraît si fragile jusqu'à ce qu'elle commence à chanter. Et je ne PEUX PAS encadrer Jules, le mini-alien de dix-sept balais qui se prend pour un rockeur (mais quelle idée bizarre !... qui lui a mis cela dans la tête ?) et dont j'espère qu'il va dégager vite fait, bien fait. Mais à part cela, je n'ai de coup de coeur pour aucun candidat.